Game of Thrones : rencontre avec William Simpson, le storyboardeur de la série

cinema / 14 avril 2019

Storyboardeur de la série depuis son lancement, le dessinateur William Simpson était présent en mars dernier à la convention monégasque MAGIC. L’occasion pour nous d’aller à sa rencontre et d’aborder son travail sur le show.

HBO

AlloCiné : Comment avez-vous commencé à travailler sur la série ?

William Simpson : Je travaillais sur le film Votre Majesté, dont j’ai signé les concept arts et le story-board, quand le producteur Mark Huffam m’a demandé si j’étais d’accord pour travailler sur un tout autre projet. J’étais d’accord mais quand je lui ai demandé de quoi il s’agissait, il m’a répondu qu’il ne pouvait pas me le dire. Je lui ai donc demandé de quel genre s’agissait-il, et il m’a répondu que c’était de la fantasy médiévale. Comme j’étais déjà plongé dans ce type d’univers pour Votre Majesté, cela ne m’a donc posé aucun problème de travailler sur ce projet secret.

J’ai assisté à plusieurs réunions avec le chef décorateur et le producteur de la série, qui m’ont commandé des visuels de châteaux, mais aussi de décapitations et de personnages en armures. On m’a transmis des extraits du scénario, mais sans titre ni rien donc je n’avais aucun moyen de savoir de quoi il s’agissait, et je ne pouvais de toute façon pas le deviner puisque je n’avais pas encore lu les livres.

Une fois ces dessins terminés, je suis retourné travailler sur Votre Majesté sans me poser de questions, et à mi-chemin du tournage, Mark est revenu me voir pour m’annoncer qu’il allait travailler sur Game of Thrones. Je lui ai demandé si c’était sur cela que j’avais travaillé, et il m’a répondu que oui, j’étais donc content car cela voulait dire que je venais de décrocher un nouveau boulot. (rires) Donc une fois le tournage de Votre Majesté terminé, j’ai enchaîné avec Game of Thrones, d’abord pour le tournage du premier pilote, puis sur la série. Après les concept art, on m’a demandé de storyboarder toute la première saison, ce que j’ai continué à faire par moi-même jusqu’à la saison 5.

Comment s’adapter aux divers points de vue des réalisateurs de cette série ?

Aucun réalisateur ne se ressemble, certains ont des points des communs, d’autres pas du tout, donc je comparerais mon travail à celui d’un psychologue. Car il faut toujours trouver un moyen de les pousser à exprimer ce qu’ils ont en tête, et à donner un sens à leur vision. Il faut absolument gagner leur confiance, qu’ils sachent que mes dessins leur conviendront. Je dirais donc que c’est un métier qui fonctionne essentiellement à l’instinct, mais aussi à essayer de comprendre qui sont nos interlocuteurs. Certains seront très précis dans ce qu’ils attendent de moi, d’autres seront au contraire plus ouverts à la discussion et aux suggestions.

Quel est l’aspect le plus difficile du métier de storyboardeur ?

Le temps pose toujours problème. On essaie d’aller au bout de ses idées et de donner le meilleur de soi-même pour impressionner l’équipe, les producteurs, mais ce n’est pas simple car les délais sont très durs à tenir. On doit toujours courir après le temps, car notre travail est constamment soumis à des impératifs de rendus.

Sur quelle scène de Game of Thrones avez-vous préféré travailler ?

J’ai adoré travailler sur la bataille de la Néra (saison 2 épisode 9), mais aussi la scène où Jon Snow grimpe sur le Mur – j’ai soumis beaucoup d’idées au réalisateur de cet épisode qui ont été conservées, ou encore le massacre de Durlieu (saison 5 épisode 8), l’un des meilleurs épisodes de Game of Thrones selon moi.

Source: Allociné